Catalogue produits : photographie ou 3D ?

Si vous êtes fabricant, distributeur, ou e-commerçant et que vous souhaitez présenter vos produits dans un catalogue ou sur Internet, vous aurez nécessairement besoin de prendre ces derniers en photo ou de faire appel à un studio professionnel. Mais avez-vous déjà envisagé une autre solution que la photographie pour mettre en avant vos produits ?

La 3D – ou plus précisément l’« image de synthèse », le terme « 3D » étant désormais plutôt dédié aux visualisations stéréoscopiques en relief – permet en effet de créer des images de manière virtuelle, avec un niveau de réalisme plus que convaincant pour tous les consommateurs que nous sommes.

Les choix « évidents »

Pour certaines familles de produits, la question consistant à choisir entre photo et 3D ne se pose tout simplement pas. Exemple « radical » : si le produit à présenter n’existe pas (dans le cas d’un prototype ou d’un produit fabriqué uniquement à la commande), il devient particulièrement difficile de le prendre en photo…

A contrario, certains secteurs d’activité ne peuvent pas se passer de la photographie, en particulier lorsque le produit est intrinsèquement associé à l’individu (cosmétiques, coiffure, vêtements), ou de manière plus générale au vivant (plantes, fleurs, animaux, alimentation).

Mais pour tous les autres produits « fabriqués », la question mérite d’être posée : pour bien le vendre, est-il plus intéressant de le prendre en photo, ou de le recréer virtuellement… ?

Comparaison entre photographie et 3D

L’image de synthèse présente indéniablement de très nombreux avantages par rapport à la photographie :

Si le produit n’existe pas

Le produit n’a pas besoin d’exister pour être présenté en image de synthèse, et donc vendu au client. Des croquis de designer, ou des plans du bureau d’études, suffisent à le re-créer virtuellement et à générer des images en situation, ou en packshot, comme s’il existait réellement.

Si le produit est modulable

Si votre produit existe en 50 coloris, 10 options, 2 positions et 3 formats, vous devrez disposer d’un stock de 3000 références pour vous permettre de prendre des photos de toutes les configurations… Une difficulté quasi impossible à surmonter, d’autant que cette multiplicité va également impacter le travail du photographe. 3000 références, c’est autant de placements de produit, prises de vue, retouches, renommage de fichier, etc. : un travail humain très coûteux. Et tout ceci vire même au cauchemar si le produit est évolutif et fait l’objet d’une nouvelle collection tous les ans…
L’image de synthèse, quant à elle, permet d’automatiser de nombreuses actions, et donc de préparer des combinaisons d’options que l’ordinateur se chargera de simuler pour générer des milliers d’images automatiquement.

Si le produit est mobile

Grâce à l’image de synthèse, le produit peut être animé sans l’aide d’un opérateur. Si vous souhaitez présenter le montage/démontage d’un accessoire, le pliage de votre objet portatif, ou bien le système d’ouverture ultra-ingénieux de votre dernière invention, l’image de synthèse permet de réaliser des films d’animation 3D ultra-réalistes. Bien entendu, tout ceci est possible également avec un film « réel » sur un produit type, mais que faire pour présenter ces animations sur un produit customisé, dans 3000 versions et autant d’options, et sans opérateur pour le manipuler ?

S’il faut refaire !

Une photo réelle, une fois réalisée, demande la même logistique (et donc le même coût) si elle doit être refaite, même pour la plus insignifiante évolution du produit, ou pour changer l’angle de prise de vue de quelques degrés.
Grâce à l’image de synthèse, tous les paramètres de rendu sont enregistrés et reproductibles à volonté : il suffit d’appliquer les quelques modifications sur le produit de manière virtuelle, et de relancer les calculs d’images.

Logistique et personnel

Pour réaliser des photographies de bonne qualité, il faudra une logistique relativement importante : un studio, du matériel photo, des éclairages et parfois un décor volumineux. Un personnel qualifié est également essentiel, chacun ayant son domaine de compétences : éclairagiste, photographe, décorateurs, habilleurs, maquilleurs, coiffeurs, infographistes, styliste, directeur artistique, etc., comme l’indique ce timelaps de l’excellent studio 2020 Perfect Vision Ltd.
Pour une image de synthèse, tout se passe sur un écran : c’est beaucoup plus simple sur le plan matériel. Il est possible de déplacer un meuble, modifier un éclairage, ou remplacer un élément de décor en quelques clics.
Même si les compétences requises sont également nombreuses pour un rendu 3D de qualité, l’infographiste 3D se doit d’être polyvalent, et va généralement pouvoir réaliser seul sa création depuis la modélisation 3D, jusqu’au rendu de l’image finale.

Possibilités étendues

L’image de synthèse va permettre relativement facilement, une fois le produit modélisé et la « scène » correctement paramétrée, de réaliser des sorties sous différents formats ou angles de vue : animation à 360°, réalité virtuelle en stéréoscopie, films, rendus HD pour impression grand format, vues en coupe du produit, impression 3D, etc.
En réalité, réaliser une scène pour un rendu 3D d’un produit équivaut à disposer en permanence, et à portée de clic, d’un studio photo/vidéo virtuel déjà monté, paramétré, et prêt à générer toutes formes d’images…

Pour autant, la réalisation d’images de synthèse présente également des inconvénients qu’il est important de garder à l’esprit, même s’ils sont souvent à nuancer :

Le réalisme ou la créativité

Nombreux sont les professionnels de l’image qui pensent encore que l’image de synthèse fait « fausse », et que le consommateur ne pourra pas être convaincu par un produit factice. C’est en partie vrai pour un œil aguerri, mais les outils actuels permettent très largement de « tromper » l’observateur, même très exigeant, sur l’aspect réel ou virtuel d’une image. Encore faut-il trouver l’artiste qui sera capable de réaliser une image de synthèse suffisamment réaliste… Et c’est finalement souvent ce qui s’avère le plus difficile.
Nombreux sont les photographes qui diront également qu’une image de synthèse est « froide », et manque d’âme artistique. Encore une fois cet argument est à nuancer, car de plus en plus d’infographistes 3D réalisent des images de synthèse très personnelles, et la souplesse de la 3D permet justement à ces artistes d’exprimer toutes leurs idées, même les plus farfelues. La principale difficulté, pour l’infographiste 3D, est finalement de réussir à sortir d’un environnement technique très « aride » en le maîtrisant suffisamment pour lui permettre de s’exprimer pleinement.

Le travail préparatoire

Dans les cas d’urgence, ou si le niveau de qualité requis n’est pas très élevé, une photographie « peut » (même si ce n’est pas souhaitable pour valoriser un produit de manière professionnelle) être prise instantanément. Certains e-commerçants disposent même de mini studios de « packshot », qui leur permettent de réaliser leurs photos rapidement, en suivant un processus relativement stable et simple à mettre en œuvre sur des petits produits.
La 3D n’est pas compatible avec ce besoin d’instantanéité, car elle nécessite un travail préparatoire relativement long, quelque soit le produit à présenter. Il est impossible en effet de produire un rendu 3D réaliste en quelques minutes, même sur un produit simple. Des produits complexes peuvent quant à eux demander plusieurs jours de modélisation et de réglages pour obtenir un rendu de bonne qualité…

Cas concrets

De très nombreuses entreprises ont fait le choix de l’image de synthèse pour présenter leurs produits, ou pour permettre à leurs clients de les configurer virtuellement de manière interactive. Les secteurs de l’immobilier neuf ou de l’automobile ont été des précurseurs, mais de nombreux autres secteurs passent au virtuel comme le mobilier d’intérieur, la joaillerie, ou la lunetterie par exemple.

Un exemple emblématique est celui d’Ikea. Son catalogue est constitué aujourd’hui de plus de 60% d’images de synthèse pour les objets seuls, contre environ 35% pour les scène complexes d’intérieur, comme l’indique cet article de CG Society. De nombreux acteurs du marché de l’habitat utilisent régulièrement la 3D, comme EBA qui ont fait réaliser les images de leur dernier catalogue d’escaliers par le studio 3D at Home.

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